A quel point sommes-nous attachés à notre douleur et à notre rôle de victime ?

By on 9 mars 2015
Crédit photo : © ra2 studio - Fotolia.com

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A quel point sommes-nous attachés à notre douleur et à notre rôle de victime ? 

Comprendre nos mécanismes inconscients pour avancer vers la guérison

Pourquoi certaines personnes restent-elles comme engluées au passé, ressassant encore et encore les mêmes événements et ressentant encore et encore la même douleur, alors que d’autres semblent glisser sur les épreuves comme s’il s’agissait d’une surface parfaitement lisse, tournés toujours vers l’avant et étant capables de laisser aller très rapidement des événements pourtant marquants ?

Qu’est-ce qui fait que les uns semblent se relever si vite alors que d’autres vont traîner derrière eux un boulet de souffrance pendant des mois ou des années, parfois pendant toute une vie ?

Il semblerait que la réponse se trouve dans la notion d’attachement.

C’est comme si une part de nous ne pouvait laisser aller le passé et continuait à le faire vivre au présent en ruminant le négatif vécu, incapable de lâcher prise à ce sujet et d’accepter.

On peut assez facilement comprendre cette difficulté à lâcher le morceau lorsqu’il s’agit d’un événement très brutal ou traumatisant, un événement qu’on qualifierait habituellement de très lourd au niveau émotionnel, mais il arrive aussi qu’on reste accroché à ce que la plupart voient comme des « tout petits rien » et qu’on soit dans l’incapacité temporaire (ou pas) de lâcher prise.

 

Bénéfice secondaire

Il arrive souvent qu’on rencontre ce type de blocage lorsque celui qui continue de porter sa douleur avec lui tire un « bénéfice » secondaire à cette situation.

Par exemple, une personne qui ressentirait un grand vide affectif peut avoir tendance à rester enfermée dans sa douleur parce que cette situation lui permet d’obtenir plus d’attention de son entourage, de recevoir l’affection et l’amour qu’elle pense peut-être ne pas pouvoir obtenir autrement, de façon plus directe. Sans le vouloir, elle aura alors tendance à entretenir inconsciemment son mécanisme de souffrance à chaque fois que ce sentiment de vide intérieur se manifestera à elle, pas pour tenter de manipuler son entourage, mais parce qu’elle n’a pas appris à nourrir ses besoins autrement. Elle reste alors attachée à sa douleur comme s’il s’agissait d’une vanne ouvrant le flot de cette affection dont elle a tant besoin.

 

Loyauté familiale

 

Il se peut aussi que telle autre personne ait appris à se définir en victime de la vie ou des autres, et que par une sorte de loyauté inconsciente à ce qu’on lui a enseigné, elle s’évertue à rester dans son rôle de victime en saisissant toutes les occasions extérieures que représentent les épreuves d’un chemin de vie. Là encore, ce n’est nullement fait exprès. C’est une sorte de réaction automatique qui s’active parce que cette personne estime peut-être qu’elle doit rester fidèle aux schémas familiaux sous peine d’être exclue ou rejetée, et de perdre là aussi l’estime et l’amour de ses proches. Elle imagine qu’en devenant responsable d’elle-même et en laissant aller cette étiquette de victime, collée sur son front dès le plus jeune âge, elle sera perçue comme le vilain petit canard de la famille et devra alors vivre en exil.

Il y a tout un tas de raisons inconscientes qui peuvent nous pousser à nous accrocher à notre douleur et à notre rôle de victime.

 

Le sentiment d’injustice

On peut aussi ressentir une profonde injustice par rapport à ce que nous avons vécu, et accepter de lâcher prise reviendrait à laisser celui que nous considérons comme le responsable de notre douleur poursuivre sa vie paisiblement, sans que justice ait été rendue, ce qui peut être perçu comme terrible et inacceptable. Nous avons tant souffert à cause des actes de l’autre, alors pourquoi l’autre aurait-il le droit de s’en sortir comme ça ?

Le fait est que dans ce dernier cas de figure, que nous souffrions ou non ne changera rien pour l’autre. L’autre ne fait peut-être même plus partie de notre vie, aussi, notre douleur n’aura strictement aucun impact sur lui. La seule personne à souffrir dans l’histoire, c’est nous, et le fait de continuer à ruminer notre douleur revient à nous punir encore et encore pour quelque chose qui a eu lieu « hier » et n’existe plus aujourd’hui. Pourtant, nous continuons à maintenir en vie cette souffrance en refusant de lâcher prise et nous nous empêchons par la même occasion d’accéder à un nouvel état intérieur plus heureux.

Une part de nous estime parfois aussi que parce que nous avons subi telle épreuve par le passé, nous ne pouvons pas être à nouveau heureux ici et maintenant. C’est comme si nous laissions alors certains événements définir qui nous sommes et la façon dont nous devons nous sentir, en nous attachant à cette étiquette et en y restant fermement agrippés.

 

Habitude toxique

Il se peut aussi que nous ayons tellement pris l’habitude de vivre dans la douleur que tout autre sentiment plus agréable nous semble anormal et dangereux, du coup, nous avons tendance à revenir à notre zone de confort dès que notre vie devient un peu trop lumineuse, parce qu’on se retrouve confronté à l’inconnu et ça fait peur. Les mécanismes en place nous poussent à tout faire pour revenir à ce qui est connu et sécurisant, même si c’est toxique pour nous.

 

Le non-amour de soi

Enfin, un autre cas assez courant est que l’on ne s’autorise pas à être heureux, parce qu’on pense ne pas le mériter, et du coup, on prend appui sur les douleurs du passé comme justificatif de notre mal-être d’aujourd’hui. On s’autoflagelle en quelque sorte comme pour tuer toute joie dans l’oeuf, parce que nous portons sur nous-mêmes un regard négatif ou en tout cas, insuffisamment juste, et nous fermons la porte à toute possibilité d’être heureux en continuant à nous accrocher à tout prétexte passant à portée de mains pour empêcher notre joie naturelle de s’exprimer. Nous estimons ne pas être assez bien pour avoir le droit au bonheur, alors nous nous mettons nous-mêmes des bâtons dans les roues en refusant tout ce qui pourrait nous apporter de la joie et en sabotant (même si c’est sans le vouloir) tout ce qui pourrait nous rendre heureux.

 

Comment sortir du piège ?

Autant pour celui qui est prisonnier d’une telle emprise que pour ceux qui l’entourent, il est important dans un premier temps de sortir des jugements au sujet de ce que nous sommes censés ressentir face à telle ou telle situation.

Nous sommes tous différents les uns des autres, chacun ayant un parcours qui lui est propre et ayant construit sa façon d’être et de fonctionner en fonction d’innombrables sources d’influence.

On ne peut pas juger la douleur vécue par un autre en estimant qu’il est normal d’avoir mal face à certains événements et qu’il est anormal de souffrir face à d’autres.

Ce qui est vrai et juste pour les uns ne le sera pas nécessairement pour les autres, et vice versa.

Qu’il s’agisse d’une douleur que vous portez en vous ou de celle d’un proche, acceptez les choses telles qu’elles sont et reconnaissez ce qui est dans l’instant présent, sans faire de comparatif ni d’évaluation.

Peut-être vous a-t-on appris que tel événement n’est pas grave, mais il sera peut-être très grave pour un autre en fonction de son propre système de valeur. Le but du jeu n’est pas d’entrer dans la complaisance bien sûr, mais il est important que la douleur qui est là soit entendue.

 

Le chemin vers la guérison

Si l’un de vos proches est concerné, vous pouvez utiliser la Communication Non Violente pour lui offrir une écoute empathique et lui donner la possibilité d’être entendu. C’est une étape importante pour aller vers la guérison du cœur.

Si vous êtes vous-même enfermé dans une telle souffrance, observez ce qui se passe en vous. Soyez très attentif à ce que vous ressentez, à la façon dont votre émotion se manifeste dans votre corps, et autorisez cette émotion à être là, en vous. Tant que vous luttez contre vos émotions négatives, vous ne pourrez pas vous en libérer. En faisant face à ce que vous ressentez et en vous plaçant dans l’acceptation pure et simple, sans jugement, vous allez ouvrir la porte pour que votre émotion puisse s’en aller.

Il vous appartient cependant d’accepter de la laisser aller en comprenant que vous n’êtes nullement obligé de continuer à la porter. Ce qui est fait est fait et ne peut plus être changé, mais la façon dont vous choisissez de réagir aujourd’hui en rapport avec cela vous appartient entièrement.

 

Décorticage, une étape à la fois

Si vous percevez de la résistance en vous, utilisez les différents éléments évoqués plus haut pour vous demander s’il y a un bénéfice secondaire à tirer pour vous en restant accroché à votre douleur.

Demandez-vous ensuite comment ce serait d’être libéré de cette souffrance, ce qui changerait dans votre vie, et demandez-vous si, selon vous, il pourrait y avoir des conséquences négatives à cela. Voyez si le fait de briser vos chaînes vous donnerait l’impression de trahir quelqu’un, ou si vous pensez que ça pourrait déranger certaines personnes que vous puissiez aller de l’avant et être heureux.

Même si sur le coup, tout ceci peut vous paraître absurde, prenez néanmoins le temps de vraiment vous interroger à ce sujet. Ne laissez aucune piste dans l’ombre et explorez toutes celles qui vous viennent à l’esprit.

Interrogez-vous également sur la façon dont vous vous définissez. Que dites-vous après les mots « Je suis … » ? Comment vous percevez-vous et qui croyez-vous être ?

L’idéal est de faire ce cheminement par écrit, car cela permet de tout poser à plat et rend ce parcours beaucoup plus limpide (sans parler du fait que tout ce que vous posez sur papier ou sur votre écran d’ordinateur ne vous trottera plus dans la tête).

Demandez-vous si le fait de lâcher prise génère en vous un sentiment d’injustice, comme si le fait de tirer un trait sur votre douleur vous poussait en même temps à devoir passer l’éponge et à cautionner les actes d’un autre que vous estimez devoir punir.

Demandez-vous enfin quelle valeur vous vous attribuez. Avez-vous conscience de votre propre valeur ? Avez-vous le sentiment de mériter ce qu’il y a de mieux dans la vie, ou croyez-vous pour une raison ou une autre, que vous ne méritez pas de vivre dans la joie ? Si oui, pourquoi pensez-vous cela ?

 

Il existe toujours des solutions !

En agissant tel un détective qui mènerait une enquête minutieuse et en prenant le temps de faire cette introspection, vous allez pouvoir petit à petit mettre en lumière la nature de votre attachement à votre douleur, et ainsi, en comprenant ce qui se passe en vous, vous pourrez avoir accès à des solutions et commencer à agir pour faire changer les choses.

Tant qu’on ne se rend pas compte de ce qui se passe en nous, on ne peut rien faire à ce sujet, mais dès lors qu’on perçoit clairement les mécanismes en place en nous, on peut entrer dans l’action et faire de nouveaux choix.

Ce qui importe dans cette démarche, c’est de ne pas porter de jugement sur vous-même. Chacun fait toujours de son mieux en fonction des circonstances et de son degré de conscience du moment.

Si vous êtes enfermé dans une telle douleur, vous n’allez pas en plus vous charger d’un autre fardeau en vous considérant avec mépris parce que vous êtes coincé dans cette douleur. Soyez plein d’indulgence envers vous-même et acceptez les choses telles qu’elles sont. Acceptez-vous vous-même, tel que vous êtes présentement, et demandez-vous simplement ce que vous voulez faire à partir de là.

Si nous sommes prisonniers de notre attachement à une douleur liée au passé, c’est qu’il y a une raison à cela, et s’il existe un problème, il existe toujours au moins une solution.

Avancez à votre rythme, et restez tourné vers votre désir d’être libre et en paix. C’est cela qui vous mènera aux outils vous permettant de briser vos chaînes.

 

Avec mes meilleures pensées

Laure

 

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