« Avec tout ce que j’ai fait pour toi ! »

By on 13 septembre 2016

 

 

Crédit photo : MarkoLovric - Pixabay.com

Crédit photo : MarkoLovric – Pixabay.com

 

« Avec tout ce que j’ai fait pour toi ! »

Le marchandage affectif… Ou quand donner devient une prison

L’autre jour, une jeune femme m’expliquait dans le cadre d’un coaching toute l’injustice qu’elle ressentait par rapport à la situation affective qu’elle vivait… Elle qui s’était tant impliquée auprès d’un homme, elle se retrouvait confrontée à un mur de glace et à un rejet en bloc…

Ceci m’a rappelé ce que j’ai pu moi-même entendre un grand nombre de fois quand j’étais plus jeune de la part de certaines personnes de mon entourage, que ça me soit adressé directement ou que ce soit adressé à d’autres proches…

« Avec tout ce que j’ai fait pour toi… Tu pourrais au moins faire preuve d’un peu de reconnaissance / Tu devrais avoir honte de réagir ainsi / Tu devrais ceci / Tu ne devrais pas cela / etc. »

Peut-être avez-vous vous-même déjà vécu ce type de situations, d’un côté ou de l’autre…
J’aimerais aborder ce thème avec vous aujourd’hui, car lorsqu’on se place dans un tel positionnement, il y a un grand malentendu au sujet de ce que représente le fait de donner (ou de faire pour l’autre) et un malaise immense qui en découle de part et d’autre…

Remettons donc les choses à leur juste place pour faire tomber de nouvelles barrières et avancer vers une paix intérieure toujours plus profonde 🙂

 

 

 

Quand donner n’a plus rien d’un don…

La grande majorité du temps, quand on se retrouve face à quelqu’un qui nous dit « Avec tout ce que j’ai fait pour toi… » et qui tente bien souvent de nous faire culpabiliser, le fait est que nous n’avons au départ absolument rien demandé.

L’autre a choisi de donner de son temps, de rendre service ou autre, spontanément, sans qu’il y ait eu de sollicitation de notre part…

Ensuite, cette personne vient nous reprocher notre attitude à son égard… Dans ce cas, agissait-elle réellement de bon cœur, en assumant sa responsabilité ? Ou était-elle en train de mettre en place une « stratégie », croyant qu’elle allait de cette façon s’assurer de recevoir quelque chose en retour ?

Bien sûr, ceci se déroule généralement de façon totalement inconsciente. On ne fait que suivre un modèle observé ici ou là depuis l’enfance et on pense qu’il est tout à fait naturel de fonctionner ainsi…

Mais quand on y réfléchit bien… Est-ce vraiment fonctionner avec le cœur que de donner à un autre dans l’attente de recevoir quelque chose en retour ?

Il ne s’agit plus d’amour ou de bienveillance, mais de marchandage pur et simple, et ce marchandage, même s’il est totalement involontaire, n’en reste pas moins douloureux pour toutes les personnes concernées.

Pour celle qui donne, il y aura inévitablement de la déception à la clé, car les termes du « contrat » n’ayant été  définis que d’un côté, il y a toutes les chances que celui qui donne ne reçoive jamais ce qu’il en attendait en retour.
Et pour celui qui reçoit sans l’avoir demandé, si au départ il peut être agréable de recevoir, quand le masque tombe et que les reproches arrivent parce qu’on ne répond pas aux attentes de l’autre, c’est un sentiment d’injustice, de colère ou de révolte qui monte bien souvent, parce qu’on ne comprend tout simplement pas en quoi l’autre peut exiger quoi que ce soit, puisque nous n’avons rien demandé.
Et j’ajouterais que même si nous avions demandé de l’aide, l’autre était tout à fait libre de dire oui ou non. Il avait la possibilité de prendre un autre chemin si répondre à notre demande n’était pas ce qu’il souhaitait faire.

Là non plus, l’autre ne peut pas CHOISIR de dire Oui pour ensuite reprocher à l’autre de ne rien donner en retour…

Les règles du jeu sont dès le départ faussées et aucune paix ne peut en découler…

 

 

 

Comment sortir du piège ?

Alors comment fait-on, d’un coté comme de l’autre, pour sortir de ce mécanisme qui devient au final une prison ?
Pour celui qui donne, je crois que l’étape la plus importante est d’assumer son entière responsabilité dans l’histoire, de se rendre compte que c’est bien lui qui a choisi de donner, et que même s’il y avait demande ou insistance de l’autre, il avait toujours la possibilité de dire Non et de suivre ce que lui ressentait.

Bien sûr qu’il est plus facile de pointer le doigt vers l’autre et de dire « C’est lui/elle qui m’a obligé »… Mais le fait est que dans notre monde d’adultes, personne ne peut jamais nous obliger à quoi que ce soit si nous ne l’acceptons pas.

Nos choix ont certes des conséquences, mais il n’en reste pas moins que nous avons le choix.

Alors pourquoi ne pas remettre en question nos jugements ?
Si de la colère monte en vous et qu’une pensée telle que : « Avec tout ce que j’ai fait pour lui, il devrait se montrer reconnaissant  » vous vient, posez cette pensée par écrit, et demandez-vous si c’est bien la réalité…

L’autre devrait-il réellement agir comme on le dit ? A-t-il une quelconque obligation envers nous ? L’autre était-il au courant de nos attentes ? Savait-il qu’un pacte invisible avait été scellé et qu’il était censé donner quelque chose en retour ?

Ou a-t-on soi-même posé le piège dans lequel nous venons de nous prendre les pieds, en tenant pour acquis que puisque nous donnions à l’autre, il allait forcément donner à son tour, d’une manière ou d’une autre ?

Qui a établi que l’autre nous devait quoi que ce soit ? Est-ce l’autre ? Ou est-ce nous ?
Assumer sa responsabilité n’est pas chose facile, mais c’est tellement libérateur !

C’est un peu comme sauter dans le vide… Ça peut faire très peur au début, mais en choisissant de poursuivre dans cette direction, c’est là qu’on peut sortir de tous les schémas toxiques pour aller vers le véritable soi et la liberté, pour soi comme pour l’autre d’ailleurs.

La vérité c’est que NOUS avons choisi d’agir d’une certaine façon, et peut-être que nous espérions que grâce à ça, nous allions obtenir l’approbation, l’affection, l’amour de l’autre ou d’autres choses encore… Si nous avons suivi ce chemin, c’est parce que nous avons fait ce que nous pensions être juste, et nous avons fait de notre mieux en fonction de notre degré de conscience du moment.

Se culpabiliser n’aurait aucune utilité. Le but du jeu n’est pas de cesser de pointer son doigt vers l’autre pour le pointer vers soi, mais simplement reconnaître sa part dans l’histoire, et voir que NOUS avons décidé de donner, mais que ça ne rendait pas l’autre redevable pour autant.

Cette redevabilité se passait uniquement dans notre esprit, et ce n’est pas à l’autre d’en porter le poids.
Alors pourquoi ne pas laisser l’autre libre de suivre le chemin qui lui conviendra et accepter de se pardonner soi-même d’avoir tenu pour acquis que l’autre devait nous rendre sous une forme ou une autre ce que nous lui avons donné ? À chacun d’en décider…

La seule différence que je peux constater de mon côté est que rester dans le « L’autre me doit… » fait mal et pèse lourd, alors qu’endosser la pleine responsabilité de la situation et assumer son choix rend libre et allège le cœur.

 

 

 

Et quand on se trouve de l’autre côté ?

Pour ceux qui vivent de l’injustice ou de la colère parce qu’ils se trouvent en face d’un « Avec tout ce que j’ai fait pour toi ! », je crois que la clé essentielle est simplement de prendre conscience du fait que nous n’avons pas à répondre aux attentes des autres à notre sujet, que nous n’avons pas à entrer dans le moule, à agir d’une certaine façon pour être « bien comme il faut ». Nous sommes déjà bien comme il faut, tels que nous sommes.

Peut-être que le chemin pour y arriver est de finir par s’aimer suffisamment soi-même pour se sentir libre d’être qui on est, sans plus se croire obligé de quoi que ce soit parce que l’autre brandit devant nous ses « tu dois / tu devrais / etc. »

Prenons également conscience du fait que si nous tombons dans le piège de la culpabilisation de l’autre, c’est NOUS là aussi qui CHOISISSONS de finir par répondre aux attentes de l’autre pour avoir la paix ou par peur de perdre son estime ou son affection…

On se dit « Bon, je vais lui donner ce qu’il/elle veut, comme ça il/elle me laissera tranquille » ou « comme ça il/elle ne me tournera pas le dos », que ce cheminement soit conscient ou inconscient.

Mais se sent-on bien en se croyant obligé de quoi que ce soit ? Je ne crois pas…Il n’y a aucune liberté là non plus.

En devenant clair sur la part de responsabilité de chacun, on peut exposer clairement à l’autre que nous n’avons rien demandé ou que lorsque nous avons sollicité son aide, nous ne l’avons pas obligé à quoi que ce soit. Il était libre de dire non, comme nous sommes aujourd’hui libres de ne pas répondre à ses attentes.
Il est important que les émotions présentes soient entendues, que nous les autorisions à être là pour qu’elles puissent nous dire ce qu’elles ont à nous dire. À nous de voir ce qui doit être entendu, et ce que ces émotions viennent mettre en lumière.

S’il y a émotion négative, c’est qu’il y a quelque chose qui n’est pas encore guéri en nous, et notre émotion nous montre alors le chemin.

Par ailleurs, si nous nous sentons révoltés par rapport aux « Avec tout ce que j’ai fait pour toi, tu devrais être comme ci ou comme ça envers moi », la colère vient uniquement du fait qu’une part de nous croit à cette affirmation alors que cette affirmation s’oppose à la réalité.

Nous ne devrions rien du tout… Nous n’avons pas à quoi que ce soit… Et dès lors que nous devenons clairs sur ce point, tout se libère…

 

 

 

Donner pour donner, et non pour recevoir

Pour que donner reste un acte d’amour, il doit être totalement désintéressé… Si nous donnons tout en espérant quoi que ce soit en retour, c’est que nous ne donnons pas totalement avec le cœur, et il ne peut qu’en ressortir de la déception.

Plus notre attente est forte et plus la déception est vive.
Alors ce que je vous inviterais à faire serait peut-être de commencer à donner consciemment. De prendre un temps pour vous arrêter avant de le faire, et de vous demander : Pourquoi est-ce que je fais ça ? Quelle est mon intention ici ? Ai-je une quelconque attente ? Ou est-ce que je fais ce que je fais juste parce que ça sonne juste pour moi ?

Donnez parce que vous avez le cœur libre et que ça vous apporte de la joie, ou ne le faites pas du tout.

Vous avez parfaitement le droit de dire non et de ne rien faire. Si vous devez donner quoi que ce soit ou faire quelque chose pour quelqu’un d’autre, faites-le pleinement, entièrement, en vous assurant au préalable que tout est parfaitement clair à l’intérieur de vous, et il ne pourra alors en ressortir que de belles choses.
Là où il y a de l’amour vrai il n’y a pas de souffrance. Dès lors que la souffrance s’en mêle, c’est qu’il y a confusion sur la définition du mot « amour ».

Si vous faites toujours les choses avec le cœur, vraiment, vous serez toujours heureux, et quel que soit le chemin que vous avez pu suivre jusque-là, vous pouvez à n’importe quel moment faire un nouveau choix. Quand vous agissez avec le coeur, vous faites finalement les choses pour vous, parce que ça sonne juste pour vous et que ça VOUS apporte de la joie avant tout… Qui a dit qu’il était mal de penser à soi ? 🙂
Et si le cœur vous en dit de venir partager vos expériences et réflexions avec nous, je vous donne rendez-vous dans l’espace de commentaires un peu plus bas 🙂
Avec mes meilleures pensées
Laure

 

 

 

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About Laure Zanella

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6 Comments

  1. France

    13 septembre 2016 at 13:45

    La maman de ma meilleure amie (que je ne connais pas vraiment) aime les lys blancs. Le jour de la fête des mères, mon maie lui a offert un bouquet de lys blancs, mais comme toutes fleurs naturelles, ils se sont fanés rapidement. J’ai alors décidé de lui tricoter un bouquet de lys et de roses blanches en coton. Une fois mon bouquet fini, j’ai confectionné un petit vase dans lequel j’ai mis le bouquet de lys avec un ruban rouge autour du vase. Je l’ai confectionné avec le cœur, je savais que çà lui ferait plaisir. Quand je lui ai donné mon petit cadeau, le visage de cette femme était si rayonnant de bonheur que j’en ai été marquée au plus profond de moi. J’avais ma récompense et j’en suis toujours heureuse chaque fois que j’y repense. Elle ne m’a rien demandé, et je n’ai rien attendu en retour. Je suis fière d’avoir pris cette initiative, et je sais à présent, combien un petit geste tout simple, mais accompli avec le cœur peut rendre heureuse une personne au centuple !!!

    • Laure Zanella

      14 septembre 2016 at 09:18

      Et même deux personnes, car il y a non seulement celle qui reçoit qui est heureuse, mais aussi celle qui donne, et tout le monde y gagne au final. Merci pour ce beau partage France 🙂

  2. Béatrice

    13 septembre 2016 at 13:57

    L’amour inconditionnel, c’est donner sans rien attendre en retour, si on attend quelque chose en retour, est-ce qu’on peut vraiment parler d’amour véritable, sincère ? ou est-ce par l’acte de donner, on attend juste quelque chose de l’autre, dans ce cas, ça n’a rien à voir avec l’amour, c’est juste une attente pour que l’autre se plie à nos exigences, ça donne lieu à des souffrances si l’autre ne répond pas à cette attente.

    • France

      13 septembre 2016 at 14:47

      Je suis tout à fait d’accord avec vous Béatrice. L’amour inconditionnel, comme son nom l’indique se donne et se partage sans conditions. Il vient du plus profond de notre cœur et de notre âme, il est vrai et pur !

  3. Claire

    13 septembre 2016 at 17:58

    Quelle liberté on acquière, lorsque l’on vie en fonction de soi-même. ..

    Sans pression n’y culpabilité, c’est le bonheur , nos relations en sont

    bonifier et la vie fort agréable. …Merci Laure

    Amitié Claire

  4. Isabelle

    14 septembre 2016 at 08:48

    Merci pour cet éclaircissement sur le sujet Laure,
    j’ai du travail, sourire 🙂
    Belle journée

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