Chronique : « Le syndrome de Tarzan » – La dépendance affective selon Pascale Piquet

By on 21 mai 2015

 

Crédit photos : Pixabay.com

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Chronique : « Le syndrome de Tarzan » – La dépendance affective selon Pascale Piquet

Aujourd’hui j’aimerais vous parler d’un livre très complet et agréable à lire sur le thème de la dépendance affective. Son auteur, Pascale Piquet, sait de quoi elle parle, puisqu’elle a elle-même été longtemps prisonnière de ce qu’elle appelle « Le syndrome de Tarzan », qui nous pousse à évoluer de liane en liane (de relation en relation) ou à rester accroché à la même, nous agrippant à celles-ci comme si notre vie en dépendait.

Pascale nous explique avec beaucoup de recul et d’humour dans son ouvrage que sa névrose a bien failli la conduire à commettre l’irréparable, tant son « Trou noir » affectif d’ex-mari l’avait poussée à bout.

Elle a fort heureusement fait le bon choix et nous livre dans son ouvrage son vécu, ses réflexions et ses pistes pour sortir du piège.

Je vous propose donc de plonger au cœur de la dépendance affective et de passer en revue certains points importants la concernant.

 

La dépendance affective : Un mal très fréquent

Le fait est que la dépendance affective est une difficulté rencontrée par énormément de gens sur cette planète, qui ne se rendent pas nécessairement compte du mal dont ils souffrent, et qui vivent ainsi des relations destructrices à répétition, croyant que l’amour se résume à ça.

Voilà quelques caractéristiques proposées par Pascale Piquet pour tenter d’identifier la présence de cette névrose en soi (quand on parle ici de névrose, il ne s’agit pas d’être complètement fou bien sûr, mais simplement de vivre avec une programmation mentale erronée) :

– Vous ne supportez pas de rester seul(e)
– Vous voltigez de liane en liane, ou vous restez accroché à la même en sachant qu’elle ne vous convient pas
– Vous êtes prêt à tout (ou presque) pour obtenir de l’affection, de l’amour ou de la reconnaissance
– Vous donnez sans compter, quitte à vous oublier vous-même et en attirant régulièrement à vous les profiteurs (camp des « Despérados »)
– Vous prenez, prenez et prenez encore, passez votre temps à tout faire pour pousser l’autre à bout, en refusant de le reconnaître ou de l’entendre (camp des « trous noirs affectifs »)
– Vous vivez à répétition des schémas négatifs, vous retrouvant toujours dans la même impasse
– Vous avez tendance à faire l’autruche quand des aspects négatifs commencent à ressortir chez l’autre, et vous continuez à vous convaincre qu’il ou elle est bien celui ou celle que vous avez espéré qu’il soit
Etc.

 

Despérado ou Trou noir affectif ?

Le Despérado

Pascale Piquet nous parle de deux modes de fonctionnement dans la dépendance affective. Nous avons d’un côté le Despérado, qui est extrêmement serviable, très généreux, qui donne de l’affection sans compter, courant désespérément après celle des autres. Cette affection, il ne la reçoit pourtant quasiment jamais, car ce type de personnalité tombe malheureusement souvent sur des profiteurs qui vont se contenter de prendre sans rien donner en retour (ou alors quelques miettes).

Le Despérado aura tendance à choisir (inconsciemment) quelqu’un qui souffre plus que lui pour pouvoir le sauver, parce que c’est là qu’il se sent utile, qu’il a le sentiment d’exister et de trouver sa place. Le Despérado a besoin qu’on ait besoin de lui. C’est également une personne sensible, se plaçant souvent dans un véritable tumulte émotionnel et qui ne comprend pas pourquoi l’autre ne répond pas à ses attentes, avec tout ce qu’il a fait pour lui.

Le Despérado est prêt à tout pour combler sa carence affective, son besoin de reconnaissance qui ressemblent souvent à un vrai gouffre parce que ces besoins n’ont pas été nourris durant l’enfance.

Le besoin d’être aimé à tout prix pousse le Despérado à accepter l’inacceptable, pourvu qu’on lui témoigne un peu d’amour. C’est également quelqu’un qui porte un regard souvent très négatif sur lui-même et n’a aucune (ou très peu de) conscience de sa valeur personnelle et de ses qualités.

 

De l’autre côté du ring, nous avons le Trou noir affectif.

Celui-ci engloutit littéralement l’affection et la reconnaissance des autres, sans jamais les rendre, ou alors en infime quantité. Il s’agit de renvoyer quelques miettes, juste histoire de continuer à alimenter les mécanismes de celui qui donne.

Le Trou noir affectif n’en a jamais assez. Il est complètement coupé de ses émotions parce que par le passé, il a jugé ces émotions dangereuses et sources de souffrance. Cette coupure s’est produite inconsciemment bien sûr, mais les résultats sont là.

En général, le trou noir affectif est du genre introverti. Il a une sorte de revanche à prendre sur le passé qui le pousse à réclamer toujours plus d’amour, d’affection et de reconnaissance, ces éléments dont il a tant manqué par le passé.

Il donne très peu, juste pour appâter et estime que tout lui est du. C’est une sorte de « terroriste » relationnel. Le Trou noir affectif aura tendance par exemple à faire constamment des promesses qu’il ne tiendra jamais, afin de maintenir l’autre dans le piège.

 

Les deux font la paire

Quand le Trou noir affectif se met en couple, il se dirigera bien évidemment vers un Despérado, et réciproquement, parce que les gens « normaux » et équilibrés font fuir ceux qui vivent avec cette névrose. Ces deux types de comportements se placent dans deux systèmes complémentaires ou l’un va s’adapter au fonctionnement de l’autre.

Une personne déjà en paix avec elle-même partira en courant devant l’un ou l’autre de ces personnages, car même si aucun des deux n’a une étiquette collée sur son front, ces mécanismes destructeurs seront perçus au niveau inconscient.

À première vue, cette description pourrait être assez effrayante, mais le fait est que ce « syndrome de Tarzan » n’est ni une maladie, ni quelque chose qu’on serait condamné à porter avec soi toute sa vie, seulement, pour pouvoir sortir d’un piège, encore faut-il se rendre compte qu’on est tombé dedans.

Le Despérado aura tendance à s’agripper tant bien que mal à un Trou noir affectif, croyant à tort qu’il a besoin de lui, que personne d’autre ne peut l’aimer ou le comprendre, qu’il n’arrivera jamais à refaire sa vie, etc., si jamais il avait le malheur de le quitter, mais est-ce vraiment de l’amour que de constamment prendre de l’autre, de réclamer toujours plus, d’être souvent froid et dur avec l’autre, le poussant régulièrement à bout, de mentir et de tricher sans limites et d’adopter une position totalement égocentrique en s’accordant tous les droits alors que l’autre n’a le droit que de satisfaire les besoins du Trou noir ?

 

Complémentaires, mais pas identiques pour autant

La grande différence qui existe entre ces deux mécanismes est que le Despérado sera en mesure de se remettre en question (d’ailleurs il a tendance à le faire beaucoup trop tant son estime de lui-même est égratignée) et lorsque la goutte d’eau aura fait déborder le vase (ce qui peut ne jamais arriver), il sera alors en mesure de demander de l’aide à un thérapeute pour sortir de là.

Le Trou noir affectif de son côté aura beaucoup plus de difficulté à se libérer, parce que coupé de ses émotions, il est souvent tellement braqué sur sa position que tout examen intérieur est exclu. Il peut bien sûr sortir lui aussi de cette dépendance affective, mais la clé est de le vouloir, et il n’y a que lui pour en décider.

Le Despérado aura souvent tendance à croire qu’il peut sauver l’autre avec suffisamment d’amour ou de patience, mais tant que l’autre ne se rend pas compte qu’il y a un souci et qu’il ne décide pas de lui-même d’agir pour le régler, il ne se passera rien et le Despérado pourra parfois aller jusqu’à l’anéantissement de lui-même en refusant de regarder la réalité en face.

Là où il y a crime passionnel, il y a dépendance affective. Deux personnes équilibrées et bien dans leur peau ne chercheront jamais à se détruire mutuellement.

On peut ne pas avoir d’affinités avec quelqu’un ou ne pas apprécier une personne, on peut avoir changé et ne plus souhaiter continuer son chemin avec l’autre, mais quand on en arrive à certains extrêmes, il y a toutes les chances qu’une névrose soit dans les parages.

Celle-ci peut s’exprimer à des degrés divers en fonction de notre vécu, mais le fait est que de très nombreuses personnes vivent une variante des schémas évoqués ci-dessus. Ça peut d’ailleurs se produire même si nous n’avons pas vécu de difficultés particulières pendant l’enfance.

La clé pour sortir de ce piège est de réparer son estime de soi, de modifier le regard erroné que l’on porte sur soi-même pour être en mesure de reconnaître sa propre valeur, et cesser ainsi d’attendre cette reconnaissance de l’extérieur.

C’est en nourrissant soi-même son besoin d’amour et de reconnaissance que l’on peut trouver la paix en soi, et fort heureusement, nous disposons de tas d’outils thérapeutiques pouvant nous aider à restaurer notre estime personnelle quand nous ne sommes pas en mesure de le faire par nous-mêmes.

Si vous voulez explorer ce thème plus en profondeur, je vous invite à découvrir l’ouvrage de Pascale Piquet « Le syndrome de Tarzan » en cliquant sur l’image ci-dessous.


 

 

Une belle après-midi à tous !
Laure






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