D’où viennent nos angoisses et comment s’en libérer

By on 31 mars 2015
Crédit photo : © hikrcn - Fotolia.com

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D’où viennent nos angoisses et comment s’en libérer

 

D’après ce que nous dit Christel Petitcollin dans son livre « Emotions, mode d’emploi », nos angoisses sont le résultat de toutes les émotions que nous avons refoulées.

Elle nous explique que toutes ces émotions que nous avons enfouies en nous sont stockées dans une sorte de grand chaudron mental sur lequel vient se poser un gros couvercle qui évite à ces émotions refoulées de sortir.

Le couvercle en question s’appelle l’angoisse. Christel Petitcollin nous dit alors qu’à chaque fois que quelqu’un fait une crise d’angoisse, c’est tout simplement parce que l’une des émotions que cette personne a appris à refouler est en train de remonter et menace de sortir de son « chaudron » mental.

En partant de là, voyons ce qui nous pousse à refouler nos émotions.

 

La base de départ : l’enfance ! 

 

Tous les mécanismes qui composent la base de notre mode de fonctionnement ont été adoptés durant l’enfance.

En tant qu’adultes, nous devenons capables de faire nos propres choix et de sortir de certains automatismes destructeurs ou en tout cas pesants, mais tant que nous n’avons pas pris conscience de ce qui se passe en nous, nous ne pouvons que réagir en fonction de ce que nous avons appris.

Et qu’avons-nous appris justement pendant nos jeunes années ?

Depuis notre plus tendre enfance, on nous a dit (que ce soit de façon directe à travers la parole ou de façon beaucoup plus subtile) que certaines émotions étaient autorisées et d’autres non.

Globalement, il y a d’ailleurs une ligne de démarcation très nette qui se dessine entre ce qui est autorisé ou non aux petits garçons, et ce qui est permis ou pas aux petites filles.

Du côté des émotions de base que sont la joie, la colère, la tristesse et la peur, les deux premières ont tendance à être autorisées aux garçons, alors que les deux dernières sont plutôt réservées aux filles.

C’est quelque chose qui est profondément imprégné dans l’inconscient collectif et qui peut surprendre quand on met le doigt dessus, pourtant, il suffit d’examiner quelque peu la chose pour se rendre compte à quel point la séparation est marquée.

Par exemple, quand une femme se met en colère, on aura tendance à la taxer d’hystérique, à lui dire que c’est une emm…, à se demander si c’est la pleine lune ou à faire porter le chapeau à ses hormones, parce que cette colère est en général perçue comme déplacée.

Il en va exactement de même en ce qui concerne les hommes et la tristesse. Combien d’hommes peuvent s’autoriser à laisser couler leurs larmes sans ressentir de la gêne, de la honte ou recevoir des remarques désagréables de leur entourage. Ces larmes sont tout juste tolérées lors d’une cérémonie d’enterrement, mais s’il s’agit d’un fait plus « anodin », soit ces messieurs devront aller se cacher pour pouvoir pleurer en paix, ou alors on leur collera une étiquette négative sur le dos.

 

Des mécanismes tout à fait naturels

 

La colère autant que la tristesse sont pourtant des mécanismes naturels qui ont un rôle bien précis pour maintenir l’équilibre dans le mental et le corps.

La colère sert à poser ses limites et à « chasser les intrus » lorsque notre territoire personnel est envahi, que ce soit notre territoire physique ou psychologique.

La tristesse quant à elle permet de se rendre disponible pour aborder une nouvelle étape sur son chemin. Elle sert à faire un deuil, à fermer une porte pour qu’une autre puisse ensuite s’ouvrir.

Il ne s’agit nullement d’émotions déplacées ou injustifiées, et pourtant, depuis l’enfance, des tas d’adultes autour de nous n’ont eu de cesse de nous pousser à refouler nos émotions, même si dans bien des cas cela s’est fait inconsciemment, sans aucune intention de nuire.

 

La chasse aux sorcières

Il existe pour ça ce que Christel Petitcollin appelle des « techniques anti-émotion ».

La honte : On signifie à l’enfant qu’il est ridicule de vivre telle émotion, qu’il devrait avoir honte de pleurer / d’être en colère / d’avoir peur, etc., et on lui en met une bonne couche pour qu’il enferme au plus vite cette émotion dérangeante pour l’adulte qui se trouve en face de lui.

Le déni : On dit cette fois à l’enfant d’arrêter de faire la comédie ou encore qu’il n’a aucune raison d’avoir peur ou d’être triste. Au lieu d’entendre et de reconnaître le malaise de l’enfant, on interprète la situation de son point de vue d’adulte et on considère que puisque la situation n’a rien de problématique pour nous, c’est que l’enfant est en train de faire semblant… C’est une façon de voir les choses qui peut coûter cher !

La culpabilisation : L’adulte dit cette fois à l’enfant que ça le rend malade de le voir se mettre dans tel état, ou alors il lui sort l’éternelle rengaine : « Avec tout ce que j’ai fait pour toi, tu es un ingrat de te dire malheureux ». L’enfant n’a donc pas le droit d’être malheureux ici et maintenant par rapport à une situation particulière parce que l’adulte a si bien veillé sur lui par le passé.

La peur : Ce sont cette fois les menaces qui pleuvent pour couper net l’émotion de l’enfant dans son élan. « Si tu continues à pleurer, tu seras puni ! » « Tu as intérêt à arrêter sinon je vais me fâcher »

Le pansement : « Si tu te calmes, je vais t’acheter telle chose », par exemple. On cherche un dérivatif qui pourra distraire l’enfant de sa peur, de sa colère ou autre pour l’empêcher de vivre son émotion.

Le recadrage : On cherche à donner un sens autre que le sens réel à l’émotion qui est là. « S’il pleure, c’est parce qu’il doit être fatigué ». Christel Petitcollin nous explique à ce sujet qu’une fois devenu adulte, un enfant qui aura vécu à répétition ce type de scénario aura tendance à connaître de brusques baisses d’énergie lorsque l’émotion interdite sera sur le point d’émerger. S’il vous arrive fréquemment d’avoir des coups de barre que vous ne comprenez pas au courant de votre journée, cherchez peut-être de ce côté-là 🙂

Voilà donc tout un tas de façons d’apprendre à refouler ses émotions. À force d’obtenir ce type de réactions à chaque fois qu’une émotion intervient, nous finissons par adopter certains mécanismes qui deviennent des automatismes. Tout ceci est valable lorsqu’une émotion négative se manifeste, mais également en ce qui concerne la joie. Combien d’entre nous ont entendu étant enfants qu’ils devaient se calmer lorsqu’ils sautillaient dans tous les sens et laissaient déborder leur joie naturelle, parce que les adultes autour d’eux étaient fatigués ou n’avaient pas la tête à ça par exemple ?

 

Renversons la vapeur

Heureusement, tout ce qui a été fait peut être défait, et la répétition de nouveaux mécanismes finira par créer de nouveaux automatismes plus sains.

Comment donc sortir de ce piège et vider le contenu de notre « chaudron » mental?

Le premier pas est de prendre conscience de la façon dont on nous a appris à refouler nos émotions . Si vous vous rendez compte que la façon dont vous gérez vos émotions aujourd’hui n’est pas quelque chose d’inné, mais plutôt quelque chose pour laquelle vous avez été conditionné dès votre plus jeune âge, vous vous rendrez compte aussi que tout ce qu’on a pu vous laisser entendre au sujet des émotions n’était pas nécessairement vrai.

Commencez par identifier toutes les émotions avec lesquelles vous éprouvez des difficultés, celles qui génèrent un malaise en vous, de la gêne ou de la honte, et demandez-vous quelles sont vos idées préconçues au sujet de ces émotions. Voyez de quelle façon on vous a présenté ces émotions durant votre enfance, et voyez de quelle façon votre entourage familial gère lui-même ces émotions. Ça vous en dira beaucoup sur la source de vos difficultés.

Encore une fois, il ne s’agit pas d’accuser qui que ce soit, car chacun fait de son mieux en fonction de ce qu’il a lui-même appris, mais dès lors qu’on perçoit clairement le chemin qui a été fait pour en arriver là, on peut d’autant plus facilement commencer à démonter les croyances limitantes en place.

Ensuite, il sera important de commencer à vous autoriser à ressentir ce que vous ressentez, car oui, il est tout à fait naturel de ressentir de la tristesse, de la colère, de la peur, et bien sûr de la joie, que vous soyez un homme ou une femme.

 

Redonnez-vous les permissions qui vous reviennent de droit

Ces émotions n’ont rien d’anormal et si elles sont présentes, c’est parce que votre corps et votre mental réagissent face à certaines circonstances extérieures pour maintenir un équilibre en vous.

Plus vous luttez contre une émotion, plus vous vous sentez mal. Prenez l’habitude d’écouter ce qui se passe en vous, et autorisez-vous à ressentir ce qui est là, en comprenant aussi que vous n’avez nulle obligation de garder ces émotions en vous.

Vous pouvez simplement les reconnaître, accepter leur existence, et choisir de les laisser aller.

Le fait de vous confronter à vos émotions et de les accueillir, quelles qu’elles soient, vous permettra de ne plus les accumuler dans votre « chaudron » mental et vous évitera ainsi de ressentir de l’angoisse lorsque l’une de ces émotions cherchera à remonter à la surface.

Plus vite vous réagissez en acceptant votre émotion, plus vite vous pourrez aller de l’avant et mieux vous vous sentirez.

Toutes les habitudes néfastes que nous avons pu adopter sans le vouloir peuvent être démontées et remplacées.

À vous de jouer !

 

Belle après-midi à tous

Laure

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