Et si nos sentiments n’étaient que l’expression de nos besoins ?

By on 12 avril 2016

 

Crédit photo : jill111 - Pixabay.com

Crédit photo : jill111 – Pixabay.com

Et si nos sentiments n’étaient que l’expression de nos besoins ?

Il nous est sans doute déjà arrivé à tous de pointer du doigt un autre en lui disant quelque chose comme :

« Qu’est-ce que tu m’énerves ! »

« Ton comportement m’attriste. »

« Calme-toi donc un peu ! Tu me stresses ! »

Etc.

Notre premier réflexe (parce que nous avons appris à fonctionner comme ça) est d’accuser les autres de ce que nous vivons et ressentons, mais si au final, nos sentiments ne faisaient que parler de nos besoins ?

Comment se fait-il que face à une même situation, on va observer des réactions totalement différentes d’une personne à une autre ?

Se pourrait-il que ces réactions soient liées non pas à notre environnement extérieur et à ce qui s’y passe, et qu’elles ne soient que le reflet de besoins satisfaits ou non en nous ?

C’est le thème que je vous propose d’aborder aujourd’hui, et nous allons voir de quelle façon apaiser nos agitations intérieures en dirigeant notre attention dans la bonne direction 🙂



Notre amie la CNV

J’ai commandé dernièrement toute une série des « Petit cahier d’exercices » des éditions Jouvence qui abordent toutes sortes de thèmes.

J’en possédais déjà un sur les rôles de bourreau, victime et sauveur, et là, j’ai eu la joie de découvrir un tas d’autres petits bijoux dans le genre sur le thème de la pleine conscience, du lâcher-prise… et de la Communication Non Violente dont je vous avais déjà parlé il y a un petit moment. Si le thème vous intéresse, vous pourrez retrouver l’article en cliquant ici.

Je trouve cette méthode de communication géniale, car elle nous invite à nous recentrer sur nous-mêmes, à être à l’écoute de nos besoins, et à sortir complètement de l’habituel : « C’est toi qui m’as fait ça ! »

On sort de l’accusation, et donc, on évite de créer de nouveaux conflits, de nouvelles blessures, et tout le malaise qui va avec.



Sentiments et besoins

Ce que nous dis aussi la CNV, et j’en viens au thème que je souhaite aborder avec vous aujourd’hui, c’est que finalement, nos sentiments ne sont que l’expression de nos besoins.

Dans le Petit cahier d’exercices sur la Communication Non Violente, Anne Van Stappen nous donne deux exemples percutants pour illustrer ces mécanismes.


Premier exemple : Lors d’une séance de travail, le groupe n’a pas beaucoup avancé sur le dossier étudié parce que ses membres ont beaucoup rit.

L’animateur leur demande alors ce qu’ils ressentent… Certains sont très heureux, parce qu’ils ont vécu de beaux échanges, alors que d’autres sont frustrés parce qu’ils n’ont pas avancé.

Pourquoi les réactions sont-elles si différentes ?

Les participants qui sont heureux sont ceux qui avaient avant tout un besoin d’échange et de partage. Leur besoin a été comblé, alors ils sont heureux.

Ceux dans le groupe qui sont frustrés avaient avant tout besoin de faire un bon usage de leur temps, du coup, ils sont dans un sentiment de frustration, parce que leur besoin n’a pas été satisfait.

Leurs sentiments respectifs sont-ils dus aux autres membres du groupe ? À l’animateur ? Aux circonstances extérieures ? Non. Il sont simplement dus au fait que dans un cas de figure, les besoins présents ont été satisfaits, alors que dans l’autre cas, ils ne l’ont pas été.

Second exemple : Un homme offre un joli bouquet de fleurs à sa conjointe.

Premier cas de figure : la conjointe est ravie et heureuse de ce cadeau.

Second cas de figure : la conjointe bout intérieurement (ou pas intérieurement du tout :-)) et fusille du regard son conjoint.

Quelle différence entre les deux tableaux ?

Et bien d’un côté, nous avons une conjointe avec un besoin d’attention qui est aux anges parce que le geste de son partenaire a comblé ce besoin d’attention, et de l’autre côté, nous avons une conjointe qui est frustrée et même pleine de ressentiment, parce qu’un autre besoin n’a pas été satisfait en elle.

Pour reprendre l’exemple du Petit cahier d’exercices, il se peut que le conjoint de cette dame bien en colère passe tout son temps sur les réseaux sociaux et fasse passer cette activité avant sa conjointe, du coup, le joli bouquet ne fait qu’enfoncer le clou, et la seule chose que la conjointe a envie de faire, c’est peut-être de faire avaler le bouquet à son partenaire 🙂

L’insatisfaction dans le second cas de figure n’est pas due à la situation en elle-même, ni même au conjoint, mais surtout au fait que le besoin de cette femme d’avoir des moments d’attention privilégiés n’est pas satisfait.



Se tourner vers l’intérieur

Dans bien des cas, si, au lieu de pointer du doigt les autres ou les circonstances, nous prenons simplement le temps de nous interroger sur les besoins qui existent en nous, il y a bien des tensions et des souffrances qui pourront être évitées.

Si, lorsque vous remarquez une agitation en vous, vous revenez vers votre centre en vous demandant quel besoin pourrait ne pas être satisfait en vous, non seulement vous allez éviter d’entrer dans le piège de l’accusation, mais en plus, vous allez avoir l’opportunité de mettre en lumière vos besoins non satisfaits et donc de commencer à en prendre soin, ou d’exprimer aux autres personnes concernées ce qui se passe en vous pour qu’elles puissent prendre conscience de ce qui se déroule en vous et contribuer si elles le souhaitent à la satisfaction de vos besoins.

Dans notre manière d’exprimer les choses, il sera donc important de rester dans la neutralité et d’éliminer tous les « Tu » de ce que nous exprimons quand nous sommes dans un sentiment négatif.

Même si notre intention n’est pas celle-ci, la majorité du temps, quand vous dites à quelqu’un « Tu me fais ci / Tu provoques en moi telle chose… » l’autre se sent accusé, il se braque et réagit ensuite en étant sur la défensive, ce qui a encore plus tendance à nous éloigner de la satisfaction de nos besoins.

Si tu lieu de dire à un enfant par exemple :  « Arrête un peu de gigoter dans tous les sens, tu me stresses ! » nous lui disons « Quand je te vois t’agiter dans tous les sens, je me sens stressé(e). J’aurais vraiment besoin d’un moment de calme, aussi, pourrais-tu jouer paisiblement un petit moment ? »

Là, le bambin ne se sent pas pointé du doigt et il entend qu’on parle simplement de nous, de ce qu’on ressent et de nos besoins, et il y a toutes les chances qu’il opte pour la coopération !



Une autre façon de communiquer

La Communication Non Violente nous ouvre une nouvelle porte pour apprendre à communiquer avec les autres et pour prendre soin de soi.

Elle nous permet d’accepter notre pleine responsabilité dans ce que nous vivons intérieurement, et elle nous permet aussi d’apprendre à nous détacher des accusations extérieures, puisque nous prenons là aussi conscience du fait que ce que les autres vivent ne nous appartient pas.

C’est une approche qui demande certes un peu d’entraînement, mais qui donne de très jolis résultats, tout en créant un bien-être de plus en plus grand en soi.

En effet, personne ne se sent rayonnant de joie en blâmant ou en accusant les autres… Par contre, quand nous sommes juste nous-mêmes, dans le constat neutre et l’accueil de l’autre et de nous-mêmes, on permet à notre élan naturel de joie de s’exprimer et c’est bénéfique autant pour nous que pour les autres.

Le point important à retenir ici est que nos sentiments ne sont que le reflet de nos besoins et ne sont pas liés à ce que font ou disent les autres, ou encore à ce qui se passe autour de nous.

En revenant constamment à soi, on peut trouver un réel apaisement intérieur, et de plus en plus avec la pratique.

La question essentielle n’est pas « Qui ou qu’est-ce qui doit changer pour que je me sente bien ? » mais plutôt « De quoi ai-je besoin maintenant pour me sentir bien ? »

Je vous invite à expérimenter à chaque occasion, et à voir ce qui va en ressortir pour vous.


Et si vous avez envie de partager avec nous vos réflexions ou expérimentations, rendez-vous dans l’espace de commentaires ! N’hésitez pas à partager cet article autour de vous si celui-ci vous a été utile. Il pourra peut-être permettre à ceux qui vous entourent de faire eux aussi de nouveaux pas vers une vie toujours plus joyeuse 🙂



Avec mes meilleures pensées

Laure



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About Laure Zanella

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7 Comments

  1. Marie

    12 avril 2016 at 14:33

    Bonjour Laure !!

    Pratique que j’applique même si je trébuche parfois parce qu’effectivement ce sont bien mes besoins/espoirs/attentes..etc qui ne sont pas comblés! J’adore

  2. Krys

    12 avril 2016 at 17:06

    Coucou Laure!

    Comme toujours, un très bel article, clair, précis, plein de bienveillance et d’outils pour vivre mieux et aider ceux qui nous entoure à vivre mieux…
    J’ai quelques fois agit comme tu le décris dans l’article et même si ce n’est pas évident, je pense en faire une habitude car c’est beaucoup plus efficace que de toujours pointer l’autre…
    Merci:)

    • Laure Zanella

      13 avril 2016 at 07:38

      Merci pour ton message Krys ! Effectivement, le fait de se recentrer constamment sur soi est précieux et ça crée des changements extrêmement bénéfiques en nous comme tout autour de nous 🙂

  3. Laurent

    16 avril 2016 at 13:01

    Y a qqch qui me parle pas c’est « revenez vers votre centre », ça veut dire quoi? Analyser ce qui va pas en terme de satisfaction de besoins ?
    Je vais vous donner un exemple. J’ai souvent ce besoin de reconnaissance. Être reconnu comme qqun d’intelligent, performant, gentil, etc. On peut comprendre que je suis souvent frustré car j’attends souvent un retour de l’extérieur.
    Je vois pas bien comment prendre soin de ce besoin par moi même !

    • Laure Zanella

      16 avril 2016 at 22:12

      Bonsoir Laurent,

      Revenir à son centre c’est écouter ce qui se passe en soi et comprendre que les réactions que nous avons face au comportement des autres n’est que le fruit de nos propres blessures non guéries.

      C’est à vous de reconnaître vous-même vos qualités, de vous rendre compte de votre valeur personnelle au lieu de vous laisser définir par les autres, sans quoi vous serez toujours dépendant de leur bon vouloir. Plus vous allez reconnaître vous-même tout ce qui est là en vous, et moins vous ressentirez le besoin d’avoir un miroir à l’extérieur.

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