La conscience, l’inconscience et le pardon

By on 12 novembre 2014
Crédit photo : © gisik22 - Fotolia.com

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La conscience, l’inconscience et le pardon

 

Modifier son angle de vue face à la douleur pour lâcher prise, pardonner et se libérer

 

Pardonner… Voilà un mot que nous connaissons tous, mais quand vient le moment de sa mise en pratique concrète, nous sommes nombreux à ressentir beaucoup de réticence avant de pouvoir l’accorder.

Tout dépend bien sûr de ce que nous avons vécu, mais aussi de notre positionnement intérieur, de notre conscience de qui nous sommes vraiment et de qui est l’autre.

Il y a des tas de facteurs qui influencent notre capacité à pardonner, mais ce que j’aimerais vous transmettre ici, c’est que nous pouvons tous faire ce choix, non pas pour l’autre, mais surtout et avant tout pour soi.

 

Qu’est-ce que le vrai pardon ? 

Comme je l’ai expliqué dans ma chronique de l’ouvrage « Le Don du pardon » d’Olivier Clerc, le pardon véritable n’a pas pour but de valider les actes de l’autre qui nous ont blessés ni même de devenir son meilleur ami.

Le vrai Pardon signifie lâcher prise par rapport à la douleur ressentie en nous, laisser aller le passé, laisser aller la souffrance pour se libérer soi-même. C’est un cadeau qu’on fait non pas à l’autre, mais bel et bien à soi-même.

Si on considère le pardon de façon « traditionnelle », il sous-entend qu’il y a d’un côté un bourreau et de l’autre une victime. La victime attend du bourreau qu’il lui demande pardon, pour pouvoir ensuite lui accorder ce pardon.

Cela sous-entend aussi qu’il y a d’un côté une personne qui a raison et de l’autre, une personne qui a tort. Ca voudrait dire que la première personne voit le monde « comme il faut » alors que la seconde est dans l’erreur et devrait changer sa façon de faire ou d’être.

Exiger de l’autre qu’il demande pardon revient à dire que nous sommes d’une certaine manière supérieurs à l’autre, que nous sommes en position de force face à cet autre qui a commis une faute et reçoit de ce fait l’étiquette de mauvaise personne.

 

Chacun fonctionne selon son propre « mode d’emploi »

Le fait est que nous sommes tous différents les uns des autres et que chacun possède sa propre perception du monde et son propre système de valeur. Ce qui est juste et bien pour les uns ne le sera pas nécessairement pour les autres et vice-versa.

On peut être blessé par les actes ou les paroles de quelqu’un, alors que ce quelqu’un ne pense absolument pas faire quelque chose de mal, en fonction de sa propre perception du monde et de ses valeurs. Il agit en fonction de lui-même et ne se rend pas nécessairement compte que cela pourrait faire du mal à quelqu’un d’autre.

Il n’y a donc dans les actes de l’autre rien d’intentionnel, et si cet autre avait conscience de causer de la douleur à autrui, il ne ferait probablement pas ce qu’il fait, n’est-ce pas ?

C’est de cette notion de conscience que j’ai envie de vous parler aujourd’hui.

Il y a un passage du livre « Le pouvoir du moment présent » d’Eckhart Tolle qui m’a vraiment frappé et a provoqué un gros déclic en moi. Ce passage dit ceci « Si vous êtes une de ces nombreuses personnes à avoir une problématique parentale, si vous ressassez encore du ressentiment envers vos parents pour quelque chose qu’ils ont fait ou n’ont pas fait, c’est que vous croyez encore qu’ils avaient le choix, qu’ils auraient pu agir différemment. On a toujours l’impression que les gens avaient le choix : c’est une illusion. Tant et aussi longtemps que votre mental et son conditionnement gèrent votre vie, aussi longtemps que vous êtes votre mental, quel choix avez-vous ? Aucun. »

Face à ces paroles, le premier sentiment qui pourrait monter en nous si nous avons été fortement blessés (c’est le cadre familial qui est évoqué ici, mais ceci est valable dans n’importe quelle autre situation), ce serait de se dire « Bien sûr que si ! L’autre avait le choix ! Il aurait pu réagir autrement ! Il aurait pu réfléchir à ce qu’il faisait ! Pourquoi m’a-t-il fait ça à moi ?! »

 

On ne peut avancer qu’à partir de ce que l’on connaît et voit clairement

Techniquement, nous avons toujours le choix, c’est vrai, mais on ne peut choisir qu’à partir de ce dont on a conscience ! On ne peut choisir que lorsqu’on voit clairement les options qui se présentent à nous et que l’on se rend compte de ce qui se passe en nous et à l’extérieur de nous.

Ce qu’Eckhart Tolle nous enseigne ici, c’est que tant qu’on est prisonnier de ses schémas inconscients, on ne peut souvent même pas se rendre compte qu’il y a d’autres possibilités. On ne peut que faire à partir de ce que l’on connaît, de ce qui est clair et limpide pour nous. Cette inconscience fait que nous fonctionnons comme des robots qui suivraient simplement le programme qui est enregistré en eux, en n’étant même pas en mesure de songer au fait qu’il y a d’autres alternatives. On ne les voit tout simplement pas.

Si l’autre avait conscience de faire le mal, il agirait différemment et ferait un autre choix.

Si certaines personnes nous blessent, nous attaquent, nous trahissent, c’est parce qu’elles sont encore dans l’inconscience (dans le sens de ne pas être conscientes d’elles-mêmes et de leur véritable nature). Ces personnes qui ont pu nous faire du mal ne cherchaient sans doute pas délibérément à nous faire du mal.

Elles ont fait ce qu’elles ont fait, en suivant leurs propres schémas inconscients, mais sans se rendre compte de ce qu’elles étaient en train de faire.

Je sais que c’est terrible de devoir admettre ceci quand de son point de vue on perçoit clairement les choix qui s’offrent à nous et quand on se retrouve face à quelqu’un qui s’est laissé entraîné par ses mécanismes inconscients et qui semble soit nous avoir attaqué intentionnellement, en sachant parfaitement ce qu’il faisait et en ayant malgré tout fait ce qu’il a fait, ou lorsque quelqu’un nous a blessés en agissant selon ce qui semble être de la stupidité pure et simple. De notre côté, on se place dans l’incompréhension la plus totale et il est inconcevable pour nous que l’autre n’ait pas eu conscience de ce qu’il faisait. Mais ça, c’est notre interprétation de la situation, selon notre propre perception de la vie et de nous-mêmes. On ne peut pas comprendre les agissements de l’autre, parce que nous ne somme pas cet autre. L’autre fonctionne selon ses propres schémas et ne vit pas dans le même monde que nous pour ainsi dire.

 

Poser ses limites et faire ses propres choix

Ça ne veut pas dire bien sûr qu’il faut tout accepter ou fermer les yeux sur ce qui nous fait du mal. Il est important que chacun pose ses propres limites et fasse en sorte d’être en accord avec lui-même et ses propres valeurs. Mais, on ne peut pas contrôler les autres ou leur demander d’être différents de ce qu’ils sont.

On ne peut que choisir pour nous-mêmes qui nous voulons être en rapport avec ça.

Nous pouvons bien sûr indiquer à l’autre quelles sont les limites pour nous (notamment dans le cadre de relations amoureuses), mais ensuite, on ne peut pas forcer l’autre à respecter ces limites. Chacun est libre d’agir comme bon lui semble. Si les limites posées sont franchies, à nous de voir ce que nous voulons faire à partir de ça, tout en laissant l’autre libre de suivre son propre chemin.

Vouloir contrôler les autres ne peut être source que de souffrance, car tout ce contre quoi on lutte génère de la résistance et des tensions en nous et il ne peut en ressortir ni paix ni joie. L’acceptation est la clé.

 

Prendre conscience de l’illusion  et aller vers le pardon

Pour en revenir à notre sujet, à partir du moment où on prend vraiment conscience du fait que si l’autre nous a blessés, ce n’était nullement calculé ou délibéré, car cet autre était sous l’emprise de ses schémas inconscients et de son mental ; on peut accéder au pardon, parce qu’en fait, on comprend qu’il n’y a rien à pardonner. L’autre a en quelque sorte rejoué un scénario, en le projetant sur nous, mais il n’était pas conscient de ce qu’il faisait et de ce que cela allait engendrer.Nous n’étions pas la cible réelle et au final, nous n’étions sans doute même pas concernés par l’attitude de l’autre.

Cette parole, ce geste ou cet acte qui nous ont blessés n’avaient pas pour objectif de nous faire du mal. C’étaient une parole, un geste ou un acte prononcé ou commis par l’autre en fonction de ses propres schémas, de quelque chose qui le concerne lui, et ces éléments sont simplement venus nous percuter parce que nous étions là, sur le chemin, réceptifs à cause de nos propres schémas qui étaient complémentaires à ceux de l’autre personne.

Nous avons vécu cette situation parce que nous portons en nous certaines structures mentales qui ont attiré cette expérience à nous, mais ce que l’autre a pu dire ou faire n’avait en réalité pas de rapport réel avec nous, mais seulement et uniquement un rapport avec lui-même.

Pardonner c’est lâcher-prise, cesser de résister à ce qui s’est passé pour retrouver sa propre liberté et son bien-être.

Pardonner ne veut pas nécessairement dire passer l’éponge et faire comme si de rien n’était. Une fois qu’on a franchi ce cap, on peut aussi définir que l’autre ne correspond pas ou plus à ce que nous avions espéré, et si le décalage est trop grand, notre choix peut être de nous en détourner. Mais quelle que soit l’issue, elle se déroulera dans la paix et la sérénité, parce que nous ressentirons intérieurement que c’est la meilleure direction à suivre pour nous.

L’autre pourrait se sentir blessé par notre choix, mais notre intention ne serait nullement de blesser l’autre délibérément. Il s’agirait simplement de faire le meilleur choix possible pour soi, et cela ne concerne pas l’autre, mais seulement et uniquement notre propre personne.

 

 

En vous souhaitant à tous de trouver la paix dans votre coeur

Laure

 

 

 

 

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About Laure Zanella

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10 Comments

  1. Suzanne Lemieux

    12 novembre 2014 at 15:44

    Quel bon article!!!

  2. Véronique

    17 novembre 2014 at 18:27

    Super Laure cela me réconforte par apport à certains choix que j ai fais. Dans ma vie. Et cet article m’a fais prendre conscience qu a l’ époque je n avais pas d autre choix. Un grand merci.

    • Laure Zanella

      17 novembre 2014 at 20:01

      Je suis heureuse que cet article ait pu vous aider Véronique 🙂 Une belle soirée à vous. Laure

  3. sofi

    20 novembre 2014 at 00:58

    Bonjour
    Les textes sacrés l’ont dit, si je peux résumer votre article par une seule phrase, la voici : « Dieu, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » et le dieu dont il est question c’est l’être véritable en lui-même, la part divine dans l’homme, la dimension supra consciente de sa nature.
    Bonne continuation

    • Laure Zanella

      20 novembre 2014 at 11:53

      Merci pour votre message Sofi ! En effet, cette phrase résume bien le message transmis ici 🙂 Belle journée à vous

  4. josiane

    9 novembre 2015 at 01:24

    Merci Laure pour cet article libérateur de bien des malaises

  5. josiane

    11 novembre 2015 at 20:11

    bonsoir Laure, sujet interessant mais j’ai du mal à comprendre comment on peut pardonner à quelqu’un ses gestes vers une autre personne jusqu’au jour où le mot fin s’inscrit plus l’une d’entre elle ( tout cela sous le regard de ses enfants ) fardeau lourd à porter quand méme. Pardonner pour étre en paix avec soi méme et seulement ça je pense. Merci pour ce lien que je viens de lire 🙂

    • Laure Zanella

      11 novembre 2015 at 21:29

      Bonsoir Josiane,

      Le pardon est effectivement quelque chose qui ne concerne que nous et pas vraiment l’autre. Pardonner ce n’est pas passer l’éponge et « blanchir » l’autre (qui est-on d’ailleurs pour définir le « bon » et le « mauvais » et condamner les autres sans avoir vécu ce qu’ils ont vécu et savoir pourquoi ils agissent comme ils le font ?), c’est juste lâcher prise et décider que ce quelque chose du passé qui a pu nous heurter ne définira plus notre vie aujourd’hui. C’est en somme ne plus se priver d’être heureux maintenant parce que par le passé il s’est passé quelque chose qui nous a blessé. Belle soirée à vous

      • josiane

        16 juin 2016 at 22:16

        Bonsoir Laure, j’étais à la recherche de votre article sur le pardon et je découvre seulement ce soir votre réponse à ce sujet….merci beaucoup car j’avais besoin de ça principalement en ce moment.A bientot et merci 🙂

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