Parents Vs Enfants : Quand il devient urgent de recadrer… les parents !

By on 29 janvier 2016

 

Crédit photo : Pixabay.com

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Parents Vs Enfants : Quand il devient urgent de recadrer… les parents !

J’entends souvent des gens se plaindre autour de moi des « jeunes ». Les enfants sont ingrats, ils sont têtus, ils n’en font qu’à leur tête… Les « jeunes » sont inconscients, stupides, dérangés, et j’en passe.

Je dois dire que ce genre de propos a tendance à générer un sentiment de révolte en moi, d’autant plus que j’ai entendu ce genre de choses dans ma propre famille pendant bien longtemps, et j’ai ressenti beaucoup d’injustice à ce sujet.

En consultation individuelle, je vois énormément d’adultes en souffrance dans leur vie affective (et à d’autres niveaux par ricochet) parce qu’ils ont grandi dans un système de culpabilisation, d’interdits et de jugements.

Quand j’ai écrit mes « Petites graines de Lumière », j’avais deux objectifs au départ : D’un côté, je souhaitais offrir aux « petits » d’aujourd’hui des clés pour qu’ils n’aient pas à souffrir des mécanismes destructeurs que j’ai rencontrés moi-même ou chez mes consultants, et c’était aussi une façon pour moi de réparer quelque chose en moi en donnant du sens à mon parcours.

Et puis, la belle surprise dans l’histoire, c’est que j’ai remarqué que bon nombre de lecteurs adultes en tiraient également quelque chose de bénéfique pour eux-mêmes et pouvaient alors continuer à panser leurs plaies.

J’aimerais creuser un peu plus loin avec vous aujourd’hui à travers un nouvel article, pour rendre à chacun ce qui lui appartient, continuer à prendre soin de nos blessures d’enfants et éviter pour nous autres parents de tomber dans des pièges que nous cherchons pourtant à éviter.

 

L’arbre et la pomme

Le premier point qui me paraît très important dans la relation parent/enfant, c’est de ne pas oublier que la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre.

Certains parents accusent leurs enfants d’être de « mauvaises graines », mais aucun enfant ne naît mauvais, méchant ou sournois. Les enfants sont de vrais trésors, et il n’existe pas une once de haine dans leur cœur quand ils arrivent sur cette Terre. Pour qu’un enfant en arrive à devenir « mauvais », il faut qu’il ait été grandement blessé, et ce à répétition, par ceux qui l’ont entouré durant son évolution.

Rappelons ici qu’il n’y a pas que les parents qui sont impliqués dans l’éducation d’un enfant. Il y a tout un tas d’autres personnes qui vont influencer sa façon d’être comme les enseignants, les nourrices, les entraîneurs sportifs, etc.

En tant que parents nous sommes néanmoins aux premières loges et c’est à nous qu’il revient de guider nos enfants pour qu’ils puissent bien grandir, être heureux et prendre leur envol du nid le moment venu.

Il arrive qu’un parent enseigne tout un tas de choses positives à son enfant, tout en adoptant un comportement inverse.

Que va retenir l’enfant ? Ce que le parent dit ? Ou ce que le parent fait ?

Ce sont les actes qui vont le plus marquer les petits, et lorsque nous manquons de cohérence, lorsque nos paroles et nos actes ne vont pas dans le même sens, les enfants ont du mal à savoir quelle voie ils sont censés suivre. Ca peut être source d’une grande confusion pour eux.

Généralement, un enfant aura tendance à imiter purement et simplement ce qu’il observe autour de lui. Un enfant n’est jamais médisant par nature. Il le devient à force de voir les adultes autour de lui critiquer et juger tout ce qui bouge.

Un enfant n’est jamais violent par nature non plus. Il le devient à force de voir de la violence autour de lui, qu’elle soit physique ou psychologique.

Certains parents violents vont affirmer qu’ils n’ont jamais levé la main sur leur enfant. Ok, c’est une bonne chose… Mais qu’en est-il de toutes les critiques, les dénigrements, les humiliations ou encore les insultes ? Ça aussi c’est de la violence.

On parle ici de cas extrêmes, bien que pas si rares que ça, mais cela s’applique aussi à des degrés bien moindres. Je dirais qu’apprendre à observer ses enfants peut être un merveilleux cadeau pour eux autant que pour soi, parce qu’il n’y a pas meilleur miroir qu’un enfant.

Si nous nous rendons compte que nos petits adoptent certaines attitudes que nous voyons comme négatives, il peut être enrichissant de se demander en quoi nous pourrions être impliqués dans l’histoire. En modifiant notre propre comportement, sans pour autant porter de jugement sur soi, on s’ouvre la porte vers un mieux-être, et on permet à nos enfants de découvrir une autre voie possible.

Parfois on se rend compte après coup que certaines de nos attitudes ne correspondaient pas au meilleur de ce qu’on voulait montrer, et si c’est le cas, il suffit de l’admettre en toute humilité devant nous enfants et de leur exprimer notre ressenti. L’autre message précieux qu’on leur transmet alors est qu’on a le droit de faire des erreurs et qu’on peut faire d’autres choix quand on s’en rend compte.

 

Culpabilisation et compagnie

Un autre « outil » qui a bien souvent été utilisé par les anciennes générations et a fait de nombreux ravages : la culpabilisation.

Vous est-il déjà arrivé d’entendre des phrases du type « Sois gentil(le), fais ce que je te demande ! » ?

Je suppose que oui. Cette petite phrase peut paraître innocente, mais quand on la regarde de plus près, elle amène des éléments nettement moins positifs. Qu’est-ce que ça veut dire pour un enfant « Sois gentil(le) » ? Si on ne fait pas ce que l’autre demande, on sera donc méchant ? Et surtout : si on ne fait pas ce que l’autre demande, on ne sera plus aimé… Voilà ce que ça signifie dans les oreilles d’un enfant. Voilà pourquoi on apprend à s’oublier, à ne pas tenir compte de soi, à accepter l’inacceptable, par peur de perdre l’amour de nos proches.

Dès notre enfance, on nous apprend qu’il faut agir d’une certaine manière pour être « convenable » (c’est le mot « raisonnable » que j’ai largement entendu de mon côté). En somme, tant qu’on va dans le sens de l’autre, tout est Ok et on ne risque rien, mais si jamais on désobéit, alors là, la sentence va tomber !

Combien d’adultes traînent toujours derrière eux aujourd’hui cette même culpabilité à vivre leur vie et à suivre leur propre chemin parce qu’ils sont encore sous l’emprise des conditionnements du passé ?!

Dans la même catégorie, il y a les menaces. Quand on sollicite la participation de nos enfants, on va sans doute le faire gentiment au départ, et s’ils disent non, on va les menacer, leur brandir la carte « punition » sous le nez.

Qu’est-ce que ça veut dire pour un enfant ? Qu’on n’a pas le droit de dire non, de faire ce qui est bien selon soi, d’avoir un avis contraire que celui d’un parent… En gros, qu’on doit obéir, sinon on ne sera encore une fois pas ou plus aimé.

Bien des parents réagissent par automatismes sans nécessairement se rendre compte de ce que ce type de mécanismes sous-entends pour un enfant, d’où l’importance de mettre l’accent dessus pour cesser les dégâts.

Bien sûr, si vous vous rendez compte que vous-même avez tendance à utiliser ces procédés, il n’est pas utile de vous juger pour autant. Si vous aviez eu conscience de ce qui se passait, vous auriez fait un autre choix. Voyez que l’important, c’est que vous puissiez voir clairement ce qui se passe maintenant.

Là aussi, si vous vous rendez compte que vous avez adopté par le passé certaines attitudes non constructives par rapport à vos enfants, rien ne vous empêche de parler à cœur ouvert avec eux pour leur expliquer vos prises de conscience ou même vous excuser si sans le vouloir vous avez pu les blesser.

Vous n’imaginez pas combien un échange authentique de ce type peut ouvrir des portes et permettre à un enfant de se construire sur d’excellentes bases pour la suite de son cheminement.

 

Nos enfants ne sont pas notre propriété

Autre point qui revient souvent sur le tapis autour du thème parent/enfant. Il m’est arrivé assez régulièrement de voir du côté des anciennes générations surtout des gens qui considéraient que leurs enfants étaient leur propriété en quelque sorte.

Ils ne l’exprimaient pas nécessairement de cette façon, mais dans leur discours, on entendait que leurs enfants leur devaient le respect, qu’ils étaient censés être là pour eux en cas de besoin, etc.

Encore des propos qui, je l’avoue, me font bondir ! Remettons déjà à sa place un point important : un enfant n’a pas demandé à naître ! C’est nous, en tant que parents, qui avons décidé de faire venir un petit être sur cette Terre en nous unissant à la personne aimée. Certes, dans certains cas de figure, la naissance n’était pas désirée, mais c’est malgré tout nous qui avons engendré cette nouvelle vie. Le bout de chou qui arrive n’a rien demandé.

Si quelqu’un doit quelque chose à l’autre, ce sont avant tout les parents. Pour moi, le minimum est de faire en sorte d’offrir à son enfant un nid douillet dans lequel grandir. Même si on dispose de faibles moyens financiers, l’amour et l’attention qu’on peut offrir à une autre personne sont gratuits et on en dispose en quantité illimitée.

Bien sûr nous portons tous certaines blessures et nous n’arrivons pas toujours à offrir la meilleure version de nous-mêmes à nos enfants, mais nous pouvons néanmoins faire de notre mieux.

Le respect est par ailleurs quelque chose qui doit provenir d’un élan naturel et des deux côtés. Quand un parent trouve que son enfant ne le respecte pas et lui fait remarquer, peut-être devrait-il se demander en quoi sa propre attitude pourrait être irrespectueuse envers son enfant. Le mieux est de lui poser la question directement et de tenir compte de ce qu’il va exprimer.

Il m’est souvent arrivé d’entendre de certains membres de ma famille que je leur devais le respect et que je devais en somme m’écraser… Ça se passait généralement quand je disais tout haut ce que tout le monde pensait tout bas ou quand je disais les choses comme elles étaient à un adulte autour de moi. Je ne faisais pourtant que dire la vérité, mais apparemment j’étais censée laisser l’autre se complaire dans son mensonge. Pas possible pour moi !

On dit que la vérité sort de la bouche des enfants, et c’est généralement vrai. Les enfants expriment ouvertement les choses, sont spontanés, naturels et sans filtre. Certes, on peut apprendre à un enfant à faire preuve de tact et de diplomatie pour ne pas blesser les autres, mais faut-il pour autant empêcher les enfants d’être qui ils sont et les blâmer en plus d’être eux-mêmes ?

Le respect n’est pas quelque chose qui s’impose. C’est quelque chose qu’on récolte tout naturellement quand on en sème, et c’est valable également dans les liens parent/enfant.

Dans la case « mon enfant est ma propriété », on trouve aussi tout un tas d’adultes qui tiennent pour acquis que leurs enfants viendront les prendre en charge quand ils seront trop vieux ou trop mal en point pour le faire eux-mêmes, et ils utilisent en plus la culpabilisation pour s’assurer que leurs enfants feront bien « leur job ».

En entendant le discours de ces personnes, on a parfois le sentiment qu’ils ont fait des enfants pour assurer leurs arrières, pour avoir une « infirmière à domicile » dans leurs vieux jours ou encore pour avoir de quoi combler le vide. S’occuper d’un parent vieux ou malade devrait toujours être un choix qui part du coeur, et non quelque chose qu’on fait à contre-coeur parce qu’on se sent obligé de le faire.

C’est triste à dire, mais c’est une réalité qu’on retrouve souvent. Certains parents cherchent à garder à tout prix leurs enfants près d’eux pour ne pas avoir à se confronter au vide. Ils préféreront parfois entretenir des rapports conflictuels avec l’autre plutôt que de ne plus avoir de lien du tout.

Un enfant n’est pas censé combler le vide. Il est censé être le fruit de l’union de deux personnes qui s’aiment et souhaitent fonder une famille. Mais nous savons tous que ça ne se passe pas nécessairement comme ça dans la pratique.

Il y a aussi des parents qui cherchent à modeler leurs enfants à leur image, en essayant de leur faire adopter une certaine ligne de conduite à tout prix, en souhaitant qu’ils suivent une voie particulière pour « réussir », qu’ils se prennent en main, etc.

Mais un enfant n’est pas une sorte de pâte à modeler. C’est un être humain qui existe en dehors de nous et qui est libre de faire ses propres choix.

Comme je l’ai souvent entendu de la bouche de mon père, en tant que parents nous sommes censés accompagner notre enfant et lui transmettre les bases indispensables pour bien vivre jusqu’à ce qu’il soit capable de voler de ses propres ailes. Ensuite, à chacun de faire sa propre route.

Ça ne veut pas dire qu’un enfant est censé quitter le nid une fois autonome et ne plus se retourner. Ça veut dire simplement que maintenir un lien entre parents et enfants ne devrait jamais représenter une obligation, mais bien un choix.

Tout d’ailleurs dans le lien parent/enfant devrait représenter un choix et non une quelconque contrainte.

On ne devrait jamais se sentir obligé d’agir d’une certaine façon vis-à-vis d’un parent. On ne devrait jamais avoir peur de dire ce qu’on pense ou ressent face à un parent. On ne devrait jamais s’empêcher d’être soi-même par peur d’être rejeté par l’un de ses parents.

En tant que parents, notre rôle est de transmettre à nos enfants ce que nous avons appris, ce qui nous a été utile dans la vie, pour les aider à bien grandir et leur permettre de se débrouiller par eux-mêmes et de faire leurs propres choix. À eux ensuite de décider ce qu’ils voudront en faire.

Permettons à nos enfants d’expérimenter la vie en leur servant de garde-fou, mais en les laissant néanmoins libres de juger par eux-mêmes de ce qui est bon ou pas pour eux.

Quand on veut éviter à un enfant de suivre un chemin que nous jugeons comme néfaste, le mieux est de poser toutes les cartes devant lui sur la table en lui transmettant les informations dont il a besoin pour bien comprendre les tenants et aboutissants, sans pour autant interdire quoi que ce soit.

C’est bien connu, ce qu’on interdit à l’autre, cet autre aura d’autant plus envie d’aller l’explorer. Proposons plutôt, expliquons, et laissons l’autre libre de tracer sa propre route.

 

Et vous ? Quelles sont les difficultés que vous avez pu rencontrer dans votre rôle de parent ou d’enfant ? N’hésitez pas à partager vos expériences et réflexions dans l’espace de commentaires tout en bas de page.

 

En vous souhaitant à tous une très jolie journée

    Laure

 

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2 Comments

  1. Martine

    29 janvier 2016 at 15:37

    Bonjour Laure,
    Merci pour cette belle publication.
    Il est vrai qu’être parent et un métier « difficile », je dis difficile car il n’y a aucun manuel pour apprendre, comprendre. On apprend au jour le jour. Avec tout ce que je sais aujourd’hui, si c’était à refaire, c’est sûr ce serait différent, mais je n’ai pas de regret car j’ai fais du mieux que j’ai pu, avec les connaissances que j’avais à ce moment là. Lorsque les choses se dégradent entre un enfant et un parent, en tant que parent il faut savoir se remettre en question, reconnaître et accepter ses erreurs, parce que même si l’on est adulte…hé oui nous faisons nous-mêmes des erreurs face à nos enfants, et il n’y a aucune honte à les reconnaître face à nos enfants, car eux aussi seront un jour adulte et parents, et feront probablement des erreurs. Si tous les parents pouvaient prendre conscience de ce que vous publiez, le Monde serait sûrement meilleur. Merci Laure.

    • Laure Zanella

      29 janvier 2016 at 15:53

      Et merci pour votre message Martine 🙂 En effet, il n’y a aucune honte à commettre des erreurs et à l’admettre. C’est cette humilité qui représente à mes yeux le meilleur exemple qu’on puisse donner à nos enfants. Après tout, nous ne sommes pas des robots, nous sommes des êtres humains et nous pouvons nous autoriser à accueillir toutes les facettes qui composent cette humanité. Une belle journée à vous

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